mercredi 19 septembre 2007

Ne vous inquiétez pas...

Je poste ce message très rapidement, car je manque de temps ces jours-ci.
Mais certains sont inquiets et je dois vous rassurer.
Nous avons effectivement eu quelque difficultés en raison du blog, mais cela ne me perturbe pas le moins du monde et mon absence n'a rien à voir avec cela.
Ma détermination à aider ceux qui souffrent du communautarisme anti-mixité est entière.
Ma fille a simplement des problèmes de santé et cela nous occupe plus que nous le voudrions ces jours-ci.
Je reviens donc dès que possible et fais un passage chaque soir pour lire et valider vos commentaires.

Amicalement

Mina

mardi 28 août 2007

Mon blog préféré

En lisant mon blog préféré, hier matin, j'ai appris une bonne nouvelle : il est sélectionné pour être élu meilleur blog francophone.

Il s'agit du blog de Firmin.
C'est un vieux (dans ma culture, « vieux » n'est pas péjoratif, au contraire) qui a monté un blog avec l'aide de son petit-fils.
Ce monsieur, conscient d'être au soir de sa vie, a jugé qu'il était urgent pour lui de transmettre les leçons qu'il avait tirées de sa vie, à commencer d'ailleurs par la guerre contre les Nazis, qu'il a faite.

Ce blog est plein d'émotion, de sagesse et d'amour.
Je le lis lorsque je me sens lasse de tout. Il me redonne alors une force incroyable et beaucoup d'espoir. Firmin m'aide à trouver un sens à la vie, car c'est un humaniste profond.
Cet homme parle de la mort d'une façon que je n'avais pas entendue avant, il parle de Dieu, des enfants (beaucoup), de la justice, de la vie.

Firmin, c'est la France que j'aime, celle de l'humanisme, des Droits de l'Homme, de la République... la France des Lumières. Celle qui m'a donné le droit du sol et me protège du communautarisme.
Celle ou l'on croit, jusqu'à l'écrire dans la Constitution, que tout homme en vaut un autre, comme dit Firmin.
Firmin, c'est un idéaliste, peut-être un utopiste.
Et, à 85 ans, il a su rester tout cela, quand d'autres ne croient plus à rien depuis longtemps.

Si son blog vous touche autant que moi, n'hésitez pas à aller le soutenir en votant sur cette page. Le vote étant limité à une fois par jour et par personne jusqu'au 7 septembre, c'est la première chose que je ferai chaque matin en me levant.

J'essaierai de vous mettre un extrait de ses textes un de ces jours ; le plus dur sera de choisir !

Allez Pépé Firmin !!!!


.

vendredi 24 août 2007

Le couscous de Tonton Karim

Mon fils est content.
Tonton Karim est venu nous voir hier.

C'était prévu de longue date, car nous lui avions demandé de nous apprendre à faire le couscous.
Personnellement, je n'ai jamais su le préparer, et seul mon beau-père (un comble !) a su m'en cuisiner depuis que ma famille m'a rejetée.
Bien sûr, Laurent est bien trop paresseux pour faire du couscous, sauf un peu de semoule précuite au micro-ondes pour les enfants ! Il serait de toute façon capable de rater des raviolis en boîte !

Tonton Karim, c'est mon beau-frère, le mari de ma soeur. C'est pratiquement le seul qui ait pris ma défense dans la famille et que je fréquente encore avec plaisir.
Les enfants l'adorent ; il leur apprend quelques mots de kabyle (il vient du bled !), joue avec eux et se laisse taper sur les fesses par mon gamin. C'est un homme calme, silencieux. Il s'entend à merveille avec Laurent, car ils ont le même tempérament mesuré et sage.
Grâce à lui, encore plus qu'un couple mixte, nous sommes une famille mixte.

Bref, c'était donc le jour du « couscous-à-Tonton-Karim », le grand régal de notre aîné. Notre fille, elle, mange tout ce qu'on lui donne sans grand enthousiasme, mais elle aime surtout voir de nouvelles têtes. Et son Tonton en fait partie !

J'avais acheté tout ce qu'il m'avait demandé, des légumes à la viande, en passant par les épices et le couscous (en gros sac, dans une « supérette des Zarabes », comme dit mon fils).

En le voyant faire, j'ai retrouvé les gestes de ma mère, des images fugaces de mon enfance. Comme des tableaux rassurants, immobiles comme la tradition. Karim est né et a vécu au bled. Il parle exactement le même kabyle que ma mère (ce qui a fait de lui le gendre idéal !) et ses mimiques les plus anodines sentent les montagnes de la « petite Kabylie ».

Karim met un point d'honneur à me montrer qu'il ne rompt pas le lien avec moi. Il sait à quel point j'ai besoin de cette clarté, tant j'ai eu à désespérer du courage de mes frères et soeurs. Karim est pour moi un point d'attache qui compte, même si ma famille, composée de mes enfants et de mon mari, me suffit.

Nous avons épluché, coupé, lavé. Nous nous sommes brûlés à la couscoussière, tentant chacun notre tour d'y glisser ces torchons pour l'étanchéifier. Nous avons ri en dosant les épices, et la buée sur les fenêtres, imperceptiblement, a coupé notre cuisine du monde. Nous avons été, le temps d'un couscous, perdus dans la chaleur d'un moment en famille.
Karim a appris à Laurent, puis à mon fils, à tamiser le couscous. Notre vieille passoire en plastique éventrée n'a pas facilité la tâche. Il faudra que je pense à acheter ce qu'il faut.

Les enfants répétaient et chantaient : « sksu duksum » (le couscous à la viande) en riant et montraient à leur Tonton tous les mots kabyles qu'ils connaissent... Afus, imjanen, allen... La main, les oreilles, les yeux...
Il ya tant de choses de ma culture que je veux leur transmettre, tant de choses que je veux garder. Il y a aussi ce que je renie, car contraire à mes valeurs. Les gènes ne déterminent pas la culture des gens. Un Homme ou une Femme libre choisit lui même ses valeurs et sa culture lui appartient. Aucune autorité, aucune communauté n'a à s'en mêler.

Le couscous kabyle est très fin. Karim y met d'autres légumes que ma mère, chacun a sa recette.
Nous nous sommes régalés.
Mon imbécile de mari a fait brûler les merguez. Couscous sans merguez, donc !

Laurent, comme de très nombreux Français ou occidentaux, est curieux des autres cultures. La mienne ne l'a jamais dérangé et il est avide de rencontrer et d'apprendre. J'aimerais que les miens soient ainsi, qu'ils aillent au-devant du mélange au lieu de fuir la mixité comme une maladie honteuse.

Un couple mixte donne tant à ses enfants.
Un couple mixte a tant à rayonner autour de lui de tolérance et de curiosité spontanée des autres.

Les courgettes étaient du jardin, et Laurent est allé les cueillir avec Karim.
Ma mère aurait tant aimé jardiner avec Laurent, il correspond tellement au gendre qu'elle aurait voulu si la race, la religion et la peur des voisins ne comptaient pas autant.

Il faudrait si peu de chose pour que tout le monde sache être heureux ensemble.
Il y a tant de choses à partager.

Peut-être les couples mixtes sont-ils les exemples, les précurseurs de ce que serait un jour une Humanité plus libre et plus éclairée ?

Peut-être que quiconque aurait été avec nous dans la cuisine aurait été touché par notre joie et par l'amour sincère qui embuait les vitres ?

Peut-être que les Hommes sont des frères qui s'ignorent.

Si je pouvais...


.